Grindr, l’application gay

Grindr, l’application gay

Classé dans : Geekisme | Temps de lecture : 2 minutes et 16 secondes | 0

Mais quel est donc cette application que l’on retrouve sur le Smartphone de tous les homosexuels, caché au fond d’un dossier au nom obscur ? Chronique sur Grindr.


Sommaire :


Grindr, c’est…

— Non, maman, barre-toi de là, c’est pas pour toi… C’est effectivement pas pour les enfants, mais c’est pas non plus pour les parents.

[Ce passage vise à contenter mes lecteurs fidèles [Lire Il y eut Instagram].]

Pour qui ?

En fait, pour être franc, Grindr, c’est une application mobile qui n’est pas destiné à grand monde. C’est-à-dire qu’elle ne convient pas à :

  • l’hétéro ;
  • la femme ;
  • l’homme en couple fidèle ;
  • l’homme prude ;
  • l’homme occupé.

Certains diraient que c’est plutôt segmentant. D’autres diront :

— Mais bordel, ça convient à qui ?

Cela convient à :

  • l’homo ;
  • l’homme ;
  • l’homme en couple infidèle ;
  • l’homme pervers ;
  • l’homme qui s’ennuie.

Bon il faut également ajouter le couple en tant qu’entité unique.

Mais quoi ?

Pour être clair, il s’agit d’une application de rencontre pour hommes consentants qui cherchent à « jouer » entre eux ; c’est-à-dire que sur le papier ce sont des hommes qui veulent aimer, mais sur l’écran ce sont des hommes qui veulent baiser.

Comme notre société raffole aujourd’hui des choses les plus simples, cette application est bourrée de simpl(et)icité. Pour vous, Grindr propose :

  • photo de profil (rien de sexuel, parce que bon, sinon Apple censure… [pour le coup, c’est vrai]) ;
  • autodescription (jamais trop exagéré, surtout au niveau des mensurations, jamais trop minimisé, surtout au niveau des kilos) ;
  • géolocalisation (à 65 mètres près, soit pas grand-chose quand t’es dans Paris, mais très intéressant quand t’es en Lozère) ;
  • possibilité de bloquer celui qui ne t’intéresse pas (voilà ! Adieu-vat, voisin !)
  • chat sur un clavier microscopique censé conduire les utilisateurs à se rencontrer dans la vraie vie (IRL on dit), la possibilité d’envoyer des photographies (jamais de sexe [pour le coup, c’est faux], t’en as pas une autre, souvent de cul), la véritable géolocalisation, son numéro de téléphone, son adresse, son digicode, l’étage, porte de droite, viens vite je ne tiens plus).

Le reste n’est qu’accessoire.

Grindr est une brillante invention

Fini le découragement devant la façade du bar gay, avec ce passant qui remarque bien ton œil faussement détaché qui s’accroche à cette putain de porte que tu n’arrives pas à franchir.

Fini la lassitude de sortir de chez toi, de te fondre dans la masse, de chercher le regard de celui-là, de regretter d’avoir arrêté de fumer pour n’avoir pas d’excuse pour démarrer la conversation, de te taper des heures de je suis charcutier, j’ai 29 ans, j’adore le cinéma italien des années 1930 (— Pourquoi ?), quand la seule chose que tu meures de lui demander c’est : T’es passif ? Bien monté ? T’es clean ? Chez moi ?

Fini le moment où tu te dis : c’est lui, pour la nuit ou pour la vie, c’est lui. Enfin et pour toujours c’est lui.

Fini le moment où tu te dis : il faudrait que je l’appelle mais…

Avec Grindr, l’homme est une photo, noyée parmi d’autres, des préférences, des 0 et des 1 qui se cherchent pour se remplir et se vider. L’homme est un objet de convoitise, un objet de consommation que t’analyses, projettes, utilises et jettes. L’autre est en éternelle concurrence avec les autres. Oui, je peux dire oui à lui, mais l’autre ? Le mieux de maintenant sera-t-il le mieux du jour ? le mieux de la semaine ? Le mieux du mois ? Le mieux de l’année ? (On ne va pas au-delà, l’éternité n’existe pas.)

Mais que se passe-t-il quand je ferme l’application ? Comment les gens savent-ils que je continue encore d’exister ?

Ne cherche pas. Tu n’existes pas. 

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