Le Sexe, avant le sexe

Le Sexe, avant le sexe

Classé dans : Il y eut | Temps de lecture : 2 minutes et 43 secondes | 1

Chronique sur le sexe, avant le sexe. Rappelez-vous les attentes, frustrations et autres humiliations…


Sommaire


 

La vie d’un adulte vu par nous, gamins

Quand on est petit on pense que toute la vie se résume aux devoirs. Tu rentres chez toi, et tu dois repasser tes leçons (avec ou sans chanson). Tu regardes tes parents qui doivent se lever à 6 heures pour aller tu ne sais pas vraiment où pour faire tu ne sais pas vraiment quoi avec Christiane – ça, oui, tu en entends beaucoup parler de la Christiane qui n’a pas fait ci, la Christiane qui n’a pas fait ça (et ton père qui précise bien qu’il ne faudra jamais qu’elle te la présente sinon tu serais capable de tout lui répéter – et tu t’échines à lui prouver que NON !). Tu entends ton père râler quand il laisse passer la maman de ta mère (et tu n’imagines même pas qu’elle ait pu un jour être une gamine comme toi, ta mère – et qu’elle aussi se prenait des punitions – comme toi, ta mère – ça, non, tu ne l’imagines pas). Tu sais que ton père ne doit pas fumer dans la maison et tu acceptes lorsqu’il échange ton silence contre un bonbon. Tu sais que ton père ne doit pas te laisser toute la journée devant la télé, mais… c’est ton père.

 

En vérité, gamin, tu n’imagines pas que la seule chose qui importe dans la vie d’un homme… c’est le sexe.

 

Le sexe, la seule chose qui importe vraiment

Mais, rapidement, tu vas t’en rendre compte.

Ça va commencer par ta mère qui te demande de sortir la main de ton pantalon (pourquoi ? C’est son pantalon, à elle ?).

Ça va continuer par ta petite camarade qui, en rigolant, te demande si tu te masturbes (tu cherches le regard des autres copains qui n’en savent pas plus que toi, mais font mine de).

Ça sera sa taille dans les vestiaires (trop petit ? trop grand ? [ne pas bander, je ne suis pas un pédé…]).

 

Les premières fois, seul dans mon coin

Puis ce sera la découverte de ce que tu essaies de nier depuis des années (peut-être en prévision des décennies de calvaire à suivre – autant commencer pas ne pas le reconnaître) ; puis ce sera la redécouverte de ce que tu essaies de nier depuis des années ; puis c’est le temps qui se dilate et paraît long, quand la seule chose que tu espères est une seconde de bonheur, malgré parfois les heures de souffrance à suivre ; puis ce sera la recherche de l’accompagnement de ces promenades (des photos, des vidéos, des images[,] des amis).

 

La première fois, à deux

Enfin, ce sera la frustration. La dernière étape qui commence par la satisfaction, par l’accès au Saint-Graal.

Mon Dieu… 

Voilà ce que j’ai dit. Le soulagement et la déception.

Ce fut pour moi comme la découverte de Disneyland : un pays enchanteur quand je m’approche, le désenchantement quand j’y suis, cette impression de rapidité, de trop d’un coup et d’insuffisance, et la personne qui m’accompagne et me dit :

— Qu’est-ce que tu fous là ?

Et puis je sors, comme paumé, comme à la recherche du monde réel et à l’envie du monde imaginaire, blasé et insatisfait.

Les portes se referment et je me dis : « à quand la prochaine fois ? »

Y aura-t-il une prochaine fois ?

 

La première fois est toujours minable. Tu jouis trop tôt, trop tard, trop ou pas assez. Tu n’as pas d’élément de comparaison. Alors trop de langue, pas assez de mains, trop de regards posés sur tes propres gestes et pas assez d’écoute de l’autre. Tu te veux Tarzan se baladant torride, d’arbre en arbre ; tu agis comme un colon enfoncé dans la forêt du Sahel ; tu t’imagines être une panthère ; mais n’es qu’une chatte apeuré sous une pluie automnale.

Pauvre petite chatte…

Et tu veux tant recommencer.

 

L’état d’un adulte vu par nous, adultes

Tu pensais que l’adolescence évacuerait ces problématiques qui t’enfoncent dans ton lit : elles ne sont que les prémices. La seule différence est que l’adulte sait exactement comment les assouvir.

 

Imagination, frustration, conciliation, satisfaction et compromission.

Et vous, pour vous, le sexe, c’était quoi ? 

One Response

  1. c’était le tabou absolu. Un doigt en travers des lèvres sur fond de joues rougissantes à la moindre allusion. Pourtant, il fallait bien faire comme les autres, projeter de le faire tout en en disant rien.

    Et l’idée de devoir bien le faire (en plus !) repoussait sans cesse l’hypothétique projet aux calendes grecques. A se demander comment cela a finalement pu se produire un jour.

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