Le Métro et Nous

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Chronique sur l’expérience du métro à Paris. Allez-y ! Couvrez vous le nez, les yeux et les oreilles. Vous entrez dans une autre dimension !

Avec les grèves de la SNCF, qui déportent le trafic sur le réseau RATP, et les gueules embrumées du réveil s’ajoute la panique : Suis-je sûr de mon itinéraire ? Suis-je certain d’arriver à l’heure ? Qu’est-ce qu’il me veut, lui ?

Paris sans son métro serait comme Les Misérables sans Cosette : aucune misère, aucun cœur, aucun sens.  Lire la suite­­

Lire Nos Gloires secrètes

Classé dans : Et si l’on profitait du week-end pour… | Temps de lecture : 1 minute et 15 secondes | 0

Je suis l’homme de la rue.

Pour le prince, je suis la plèbe. Pour la vedette, je suis le public. Pour l’intellectuel, je suis le vulgum. Pour l’élu, je suis le commun des mortels.

Ah la belle condescendance des êtres d’exception dès qu’il s’agit de parler de moi ! Leur précision d’entomologiste quand ils évoquent mes goûts et mes mœurs. Leur indulgence pour mes travers si ordinaires. Souvent je leur envie ce talent de ne jamais se reconnaître dans les autres ni les gens. À travers leur bienveillance, je sens combien ma médiocrité les rassure. Que serait l’élite sans sa masse, que serait la marge sans sa norme ?

Suis-je donc si prévisible aux yeux du penseur qui sait tout de mon instinct grégaire, de ma vocation à n’être personne, de mon étonnante attirance pour les heures de pointes ? Suis-je à ce point discipliné que jamais je ne me perds dans le grand labyrinthe du savant ? Suis-je si dépourvu d’amour-propre que je m’accommode du bâton dans l’espoir d’une carotte ? Suis-je si prompt à rire ou pleurer dès qu’un artiste se sent inspiré ? Suis-je si triste et sombre que je m’emploie à désespérer le poète ? Suis-je si lâche que j’attends le hurlement des loups pour y mêler le mien ?

Vous, êtres lumineux, qui osez partir en croisade, prendre les chemins de traverse, parler à l’âme, haranguer les foules, vous qui faites tourner un monde que l’homme de la rue se contente de peupler, savez-vous qu’à force de parler en son nom, de le réduire à une espèce bêlante, de nier son individu, vous l’avez, ô ironie, contraint au bonheur ? Car comment accepter d’être privé d’un destin exceptionnel sinon en étant bêtement heureux, simplement, platement, naturellement heureux ? Heureux comme seul un homme de la rue sait l’être, affranchi du devoir de surprendre, du besoin d’être admiré. Et ce bonheur anonyme, patient, le guérira peut-être de n’avoir pas vécu ce quart d’heure de gloire que le XXe siècle lui promettait. Lire la suite­­

Lire Parlez-moi d’amour

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J’allais vous raconter quelque chose, dit-il. Oui, je m’apprêtais à prouver un point de mon raisonnement. Vous voyez, c’est arrivé il y a quelques mois mais ça continue, et ça devrait nous rendre honteux de parler comme si on savait de quoi on parle quand on parle d’amour.

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Lire Histoire de ma sexualité

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Matelot dit : « La province est en endroit où vivent tous réunis les  candidats des jeux télévisés. »

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Lire Love Song ?

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Je dévisage Georges un instant. Ce qui semble le mettre mal à l’aise si j’en juge par la grimace qu’il fait tandis que je sonde son âme de fourbe et de collabo – l’insensibilité et le manque de courage font partie du lot. Une grimace de douleur, donc. Quelque chose le contrarie. Moi, ma présence. Je suis le vivant reproche, je suis le miroir de sa honte, la condamnation incarnée de sa traîtrise, de sa lâcheté. De sa pusillanimité. Il n’est plus du côté des artistes, il a rallié l’autre bord et s’est mis sous les ordres de jeunes types débarqués de L’Oréal ou Auchan – de jeunes primeurs, de vrais ringards revenus de tout, à qui ils nous ont tous vendus.

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Le Livre

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Il existait une époque où le livre était une chose simple : un pavé composé de pages refermant une connaissance (scientifique, romanesque, picturale, etc.). Il existait une époque où le livre était sacré : il était reproduit manuellement par des moines scribes courbés toute la journée sur leur manuscrit (qui alors prenait le sens premier du mot, manus pour main). Les pages étaient chers à l’époque et le temps n’hésitait pas à recouvrir les écrits précédents pour laisser place aux nouvelles œuvres. Alors comme des Français en plein cœur de l’hiver, les œuvres se recouvraient ; plus tard, comme des Français en plein cœur du printemps, elles se laissaient déshabiller et redécouvrir (comme certains tableaux aux rayons X).

Bien plus tard, un certain Gutemberg a révolutionné la chose. Lire la suite­­