Queen – Perfume Genius

Classé dans : Un clip, une nouvelle | Temps de lecture : 3 minutes et 3 secondes | 0

Un repas de famille. Nouvelle réaliste inspirée de la chanson Queen de l’Américain Perfume Genius.


Célibat, le mal du siècle

La dinde arrive.

— Il serait temps que tu te maries, lance-t-elle à mon égard.

— Oui, appuie ma sœur.

— Quitte à être infidèle par la suite.

— Le truc, c’est de ne rien dire à l’autre, observe ma sœur.

— Absolument. Le diable se cache dans la culpabilité.

— C’est un fait. C’est la culpabilité qui a sorti les Juifs des caves et des greniers.  Lire la suite­­

Vocation

Classé dans : Bof Bof… (Déconseillé à un public non averti) | Temps de lecture : 3 minutes et 10 secondes | 0

Éric est assis sur son éternel fauteuil de producteur. Il l’avait dégotté dans un bazar de Los Angeles dans les années 1980. À l’époque, il savait qu’il serait producteur pour le cinéma. Ce qu’il n’avait pas anticipé, c’est que ce serait dans l’industrie pornographique.

Au début, il essayait de se convaincre qu’il y était entré par hasard et qu’au fil du temps il a fallu rembourser le prêt de la maison, de l’appartement, etc., ce qui ne lui aurait pas permis de se désengager. Et puis, plus les gens insistaient et moins il arrivait à s’en convaincre.

Il ne s’est pas lancé sur ce marché pour se dresser face à l’injustice, pour remplir la lacune industriel du porno florissant pour les hétérosexuels quand aucun film digne de ce nom n’était proposé aux homosexuels. Il ne cherchait pas à normaliser le sexe gay dont les images pourraient conduire à des vocations, comme il avait essayé de le faire croire lors de son premier rendez-vous avec Jean-François, qui était par la suite devenu l’homme de sa vie :

— Je dois te l’avouer, Éric, ce sont tes films qui m’ont convaincu. Lire la suite­­

L’Homosexualité avec un grand « H »

Classé dans : Il y eut | Temps de lecture : 2 minutes et 14 secondes | 0

L’Homosexualité, avec un grand « H » est l’équivalent de l’Amour avec un grand « A », celui créé par un type, un soir, au fond d’une taverne, qui n’avait rien d’autres à brailler que « à boire ! » L’intellectuel s’est tourné vers lui et lui a dit :

— L’Amour ? Qu’est-ce donc ?

L’homme soûl lui a répondu :

— L’Amour, c’est ce que l’on cherche à avoir, mais que l’on n’aura pas. On a beau le consommer, il ne se consumera jamais. On a beau le désirer, on ne le possèdera jamais tout à fait. On a beau chuter sans arrêt, on y revient toujours.

L’intellectuel a acquiescé et a soufflé :

— L’Amour, dis-tu… Lire la suite­­

Le Repas

Classé dans : Il y eut | Temps de lecture : 2 minutes et 16 secondes | 0

La France a toujours raffolé des repas – d’ailleurs, ne dit-on pas qu’elle est le pays de la gastro-nomie ? À ce sujet, dans la mesure où gastro- renvoie directement à estomac, ventre et -nomie à nom, on peut sans se mouiller dire que la France est le pays du ventre. De fait, maman, arrête de paniquer : tu rends seulement hommage à ton pays.

 

La France a toujours raffolé des repas. Elle ne vit que pour eux, elle ne pense qu’à eux.

Le matin on se laisse tenter ou l’on résiste à l’appel de la boulangerie. On résiste. 200 mètres plus loin, on se laisse tenter ou l’on résiste à l’appel de la boulangerie. On résiste. 200 mètres plus loin, on se laisse tenter ou l’on résiste à l’appel de la boulangerie. Lire la suite­­

Comment prendre un transsexuel ?

Classé dans : Parfait ! | Temps de lecture : 2 minutes et 44 secondes | 0

Avaient-ils baisé au final ? C’est la seule chose qu’elle voulait savoir. Malheureusement, pour connaître la fin mot des bonnes histoires, Véronique, il faut savoir attendre.

Non, il n’était pas parti en courant. La première chose qu’il s’était dite était que c’était un transsexuel ou un travelo. L’idée ne le dérangeait a piori pas, après tout, comme tout le monde, il avait lui aussi eu sa période bisexuelle. Après les plans à trois, quatre, dans les hammams, les parkings, les WC d’une école primaire, maternelle, Jussieu, il avait bien cherché un travelo, mais soit les gars étaient mal faits, soit ils n’étaient pas allés jusqu’au bout de leur psychothérapie. Il n’insistait généralement pas : il s’excusait poliment et disait que ça ne lui plaisait finalement pas. Les personnes ne se vexaient pas : elles disaient qu’elles comprenaient et ne voulaient obliger personne. Il arrivait cependant de les recroiser sur la toile en sortant de chez elles et elles ne se privaient à ce moment-là pas de dire ce qu’elles pensaient réellement. Et allez leur expliquer qu’elles étaient dérangés ! C’était des femmes après tout. Il se souvenait parfaitement de la réaction de sa mère lorsque, adolescent, il lui avait demandé si elle avait ses règles ou quoi ?! – il avait appris le mot et ses conséquences de la bouche de Damien, qui, lui, avait vu les ravages chez sa sœur – manque de bol, pour seule sœur, lui avait sa mère. Lire la suite­­

Je crois que Romain est pédé

Classé dans : Parfait ! | Temps de lecture : 1 minute et 17 secondes | 0

« Je crois que Romain est pédé. »

Voilà, c’était dit. Le plus dur était fait. Elle avait envie de pleurer, à chaudes larmes, de s’enfoncer de nouveau dans son oreiller, mais elle se retint. Pas devant elles. Pas maintenant. Pas dans un McDo. Surtout pas dans un McDo.

Nicole fut la première à rire. Puis à s’arrêter quand elle remarqua qu’elle ne la suivait pas.

« Merde. »

Oui, merde. Mais ça, elle l’avait déjà dit. Merde, putain, connard – ou connasse –, salope, etc. Elle avait déjà tout dit. Qu’elles trouvassent autre chose. Plus profonde. Nouvelle.

« T’es sûre ? »

Ça, par exemple, ce n’était franchement pas nouveau. Oui, elle en était sûre.

« Merde. »

Nicole n’osait plus toucher à ses frites, et Dieu sait si généralement elle les finissait, ses frites — et celles des autres —, mais, là, c’était cas de force majeure. Elle but une gorgée de son light Lire la suite­­